Syndicat CGT des personnels Administratifs et de Service de la ville et du département de Paris.
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Voeux 2017

Mardi, 10 Janvier, 2017 - 22
Tract Voeux 2017

Et si cette année en plus de souhaiter « une bonne santé », on décidait d’agir pour notre santé et celle du service public ?

Comme tous les ans lors des vœux, nous souhaitons à tous de garder une bonne santé. Et en particulier dans des moments difficiles et sans réelle perspective de changement, chacun souhaite « au moins » la santé.

La souffrance au travail qui détériore notre santé est pourtant une réalité dans nos services.

Nous nous rendons compte que l’organisation du travail et les conditions de travail nous empêchent, malgré tous nos efforts, de bien faire notre travail.

C’est ce décalage qui provoque cette souffrance qui prend de nombreuses formes.

Pour 2017, il devient primordial d’agir pour préserver notre santé car la Ville, qui n’est pas en reste pour nous souhaiter le meilleur, nous a aussi concocté un programme de destruction du service public et de notre santé.

Pour la bonne année, moins d’effectifs…

Pour bien commencer l’année, la Ville a décidé de « redéployer » 253 postes afin d’ouvrir de nouveaux équipements.

Autrement dit des suppressions de postes dans de nombreux services (par exemple 68 adjoints administratifs et 10 ALG en moins1) pour couvrir l’ouverture de nouveaux établissements (une crèche, un gymnase, une médiathèque, une piscine, et des espaces verts).

Donc, globalement l’administration parisienne peut se targuer d’un effectif constant mais dans chaque service nous nous rendons bien compte qu’il y a moins d’agents… sans que le travail diminue. Bien évidemment, dans sa communication, la maire se garde bien d’évoquer ces conditions de travail dégradées et leurs conséquences sur la santé de l’effectif constant !

L’extension du travail le dimanche, notamment dans les bibliothèques, se fait dans la même logique et avec les mêmes conséquences : répartir différemment des personnels déjà en nombre insuffisant sans aucune embauche supplémentaire.

Et en prime : une qualité du service public en baisse

Le développement des « services numériques » s’accélère soi-disant pour « moderniser ».

Leur "modernisation" consiste en des économies budgétaires, l’objectif est de supprimer des postes et d’augmenter la productivité.

La DPA tente d’imposer à ses agents, des tablettes numériques qui permettront de transmettre une nouvelle mission dès que la précédente est validée (à la manière d’Uber).

La dématérialisation des demandes de congés permettra à terme de supprimer une partie des tâches confiées aux UGD. L’objectif inavoué est la suppression de postes tout en imposant une cadence de traitement informatique bien éloignée d’un traitement humain des demandes.

Mêmes objectifs pour le développement des « téléservices » à destination des usagers : supprimer des postes d’agents qui accueillent le public et augmenter la productivité des agents qui restent. Jusqu’à présent, les demandes prises au guichet par les agents sont limitées en nombre (dans un endroit et un temps limité).  Les téléservices vont entrainer la multiplication à l’infini des demandes. Nous savons qu’il n’y aura pas de moyens supplémentaires mis en place pour assurer la qualité ni les possibilités réelles de traitement de ces demandes. Cela entraine ainsi une augmentation de la productivité qui va contribuer à détruire la santé des collègues.

La Poste, qui est devenue un modèle pour la Ville de Paris, est un parfait exemple d’évolution du service public : des automates, très peu de personnels et une qualité du service qui s’est effondrée².

Et des « méthodes » pour imposer des changements nuisibles

Pour masquer les changements brutaux, la Ville brouille les cartes :

  • Les réorganisations permanentes des services se poursuivent (les Maison Des Associations, les services remaniés à la DRH, les regroupements entre services déconcentrés).
  • Des déménagements sont imposés avec l’ouverture des bureaux à Bédier qui permettent au passage de faire des économies sur nos conditions de travail en délocalisant les services à la périphérie.

Tous ces changements permanents provoquent une instabilité pour les agents. L’objectif de la Ville est de briser tous les points de repères de ses agents. Il s’agit de les empêcher de penser que tous ces changements imposés sont anormaux.

Et pour couronner le tout, la Ville tente de prévenir toute velléité de mobilisation des agents en remettant en cause le droit de grève3. La maire de Paris tente d’imposer une espèce de service minimum qui n’est pas prévu par la loi. Cela va de pair avec la répression contre tous ceux qui osent protester, des menaces contre les agents mobilisés de la DPA, et des procédures disciplinaires contre certains syndicalistes de la Ville.

Nous retrouvons donc à la Ville, cette volonté générale de répression contre l’activité syndicale : les Goodyear qui passent en procès le 11 janvier ou celui d’agents territoriaux actifs dans la mobilisation contre la loi travail, les 17 et 19 janvier.

Cette année 2017, nous avons tout à gagner à défendre un service public de qualité accessible à tous. Car c’est la condition pour que nous-mêmes puissions être en bonne santé. 

Cela passe par notre action pour défendre nos droits, notre mobilisation contre les réformes qui ne visent qu’à intensifier le travail et détruire des emplois.

Cela passera par la solidarité entre collègues malgré une organisation du travail qui pousse de plus en plus au chacun pour soi.

1. voir l’article avec le détail : Budget Emplois 2017 : Encore un budget de misère pour les agents de la Ville
2. Pour plus d’informations sur les expérimentations en cours à la Ville lire l’article Les "services municipaux en ligne" : un service public de meilleure qualité ?
3. Voir l’article sur le sujet : Droit de grève attention danger

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